“je ne sais pas faire à la manière des autres

je vais donc faire à ma manière

musiques images peintures cuisiner

& partager ces moments qui me tiennent à coeur”

Vivre

“ Le travail d’Etienne Schwarcz se déploie à l’intersection d’une multiplicité de pratiques, marquant un dialogue incessant entre la sensorialité du corps en mouvement et la plasticité de la matière picturale. Longtemps immergé dans la composition musicale pour danseurs et chorégraphes, Schwarcz a sculpté un espace où le son et le geste s’entremêlent, chacun émergeant comme une extension sensible de l’autre. Le corps, dans ce contexte, n’est pas un objet représenté mais un territoire d’exploration, une entité vibrante qui, en captant des rythmes et des énergies, révèle un langage poétique de l'instant.

Aujourd'hui, Schwarcz a transposé cette exploration dans sa peinture, où il creuse une veine qui rappelle l'abstraction informelle et l'expressionnisme abstrait. Cependant, plutôt que de se contenter de résonner avec ces traditions historiques, il les réinvente à travers une sensibilité acquise par ses années de travail chorégraphique. Chaque toile devient un lieu où la matérialité des pigments et la dynamique du geste pictural ne sont pas seulement des fins en soi, mais des processus vivants qui évoquent le mouvement latent du corps.

Chez Schwarcz, l’abstraction est un acte performatif. Ses compositions sont des cartographies de l’inconnu, des surfaces qui oscillent entre élan spontané et maîtrise subtile. L’écho du corps sensible traverse la peinture, non comme une réminiscence, mais comme une force active, une présence insaisissable qui habite chaque couche de couleur, chaque impulsion du pinceau. À la manière des grands abstraits de l’après-guerre, Schwarcz fait de la surface picturale un champ d’expérimentation ouvert, où l’empreinte du corps et du geste est toujours en devenir, toujours prête à échapper à la forme pour accéder à une nouvelle matérialité.

Son travail invite le spectateur à une rencontre intime, à une attention soutenue envers les traces visibles de l’invisible. C’est une œuvre où l’abstraction n’est pas le retrait du monde, mais une manière d’accéder à une forme de présence plus intense, plus authentique. Comme une partition que le spectateur serait appelé à interpréter à travers son propre regard, chaque peinture de Schwarcz nous convie à une exploration sensible du temps, de l’espace et du corps – un corps qui, bien que jamais figuré, est partout présent dans le tissu même de l’œuvre.”